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INTERVIEW : Moogly et Nyméria, des chiens médicaments

Voici un sujet que nous n'avions pas encore abordé sur notre blog et que je suis ravie de vous raconter à travers l'histoire de Mélanie et de ses deux chiens : Moogly et la jeune Nyméria. Au-delà d'être de formidables compagnons de vie, les chiens peuvent aussi avoir d'incroyables vertus et bienfaits sur notre santé, notamment quand la maladie nous frappe...

Mélanie m'a contactée il y a quelques semaines pour me faire part de son envie de partager son histoire. Encore toute jeune, on lui a diagnostiqué une maladie grave, cousine de la leucémie, qui s'en est suivie par un traitement très contraignant... Mélanie souffre également de troubles se rapprochant de l'autisme, qui se sont accentués pendant sa convalescence. Après des mois difficiles, et avec l'accord de son médecin, elle a adopté son premier chien Moogly. Depuis, il l'aide au quotidien à vaincre la maladie et à se renforcer, aussi bien physiquement que mentalement.

Depuis peu, Mélanie a aussi adopté l'adorable Nyméria, une petite border collie de 4 mois qui était de la partie pour nos photos de la famille au grand complet !


Comment Moogly est-il arrivé dans ta vie ?

Moogly est arrivé dans ma vie à l’instant même où celle-ci était au plus bas. J’avais toujours rêvé d’un chien. Malheureusement mon père était contre. Il les adore mais ne voulait pas de cette responsabilité. J’ai donc patiemment attendu de trouver un travail pour avoir un chien à ma charge. Quand cette indépendance aurait dû arriver, on m’a diagnostiqué un lymphome de Hodgink stade IV : c’est une maladie du sang, relativement cousine avec la leucémie.

Avec la chimiothérapie, et les effets secondaires de celle-ci, notamment un système immunitaire inexistant, il m’était impossible de sortir de chez moi. Adopter un animal n’était donc clairement pas envisageable. Mon traitement a duré un peu moins d’un an et a entraîné chez moi beaucoup d’effets secondaires, surtout sur le plan social. J’étais traumatisée par les gens, et par les germes qu’il fallait que j’évite à tout prix car mon immunodéficience est restée. De ce traumatisme est née une phobie sociale, . je n’osais plus sortir de chez moi. Je n’avais jamais particulièrement apprécié le contact humain ; à l’école j’étais souvent la petite fille seule dans la cour de récréation. Suites à d’autres événements dans ma vie, cette phobie s’est accentuée. Après avoir été suivie par un psychiatre, il a finalement posé des mots sur mes maux : je souffre d’un trouble du spectre autistique et de TDA (Trouble du Déficit de l'Attention). C'est une forme d’autisme social. C’est là que j’ai réalisé que les bagages que je traînais depuis mon enfance étaient en réalité des choses concrètes, bien que l’on ne s’en soit pas douté plus tôt.

J’ai néanmoins trouvé un travail, et mon père a accepté que l’on adopte un chien à condition qu’il n’ait pas à s’en occuper. Mon médecin trouvait l’idée bonne, et on espérait que mon système immunitaire serait renforcé grâce à ça. Moogly est arrivé dans ma vie à ce moment là : un petit chiot croisé tellement gentil, tellement petit, tellement « chou ». J’ai craqué pour lui à la seconde où je l’ai vu ! Après avoir fait du forcing à mon père, il a cédé et Moogly est arrivé à la maison.


Tu souffres d’une maladie auto-immune, comment Moogly t’aide-t-il au quotidien ?

Moogly m’aide sans le savoir. Il ne travaille pas pour moi. Il m’aide juste car il existe, que je lui fais des câlins et le promène. Moogly me fait sortir de chez moi, parcourir divers endroits. En effet, un système immunitaire apprend à se défendre au contact des germes. Mais Moogly a également ses propres germes, il en ramasse une quantité incalculable en promenade. Être en contact avec lui, cela aide donc mon système immunitaire. Moogly, c’est mon vaccin contre le monde !

Comment décrirais-tu votre relation aujourd’hui ?

Notre relation est singulière. Il a une place très particulière dans notre foyer - entre temps, j’ai emménagé avec mon ami - et dans nos familles. Je crois que les gens ne me connaissent plus sans lui. Je me souviens encore quand mon père n’en voulait pas à la maison et quand ma mère refusait qu’il vienne chez elle quand on lui rendait visite. Maintenant, si je vais chez quelqu’un de ma famille ou des amis sans lui, la première question c’est « bah ? il est où Moogly ? » !

Au début, les gens me prenait pour une folle au chien. À force ils ont compris que Moogly avait une place particulière dans mon cœur et dans ma vie. Il vient partout avec moi, on fait attention à nos destinations de vacances pour pouvoir l’emmener… Si l’on doit sortir, par exemple au restaurant, et qu’on ne l’emmène pas, on le fait garder par un couple d’amis qui ont une husky, Snow, qu’il adore.

Moogly c’est clairement un avant-goût de la maternité pour moi. C’est une responsabilité où je place toute mon énergie pour qu’il ne manque de rien, au même titre que Nyméria. Ce sont mes choix, je les assume pleinement. Je ne suis pas de ceux qui prennent un chien pour le plaisir et qui le laissent des heures moisir chez eux. Il y a des moments où nous sommes obligés de les laisser seuls, par exemple pour le travail. Et encore, je les emmène souvent avec moi : ils vont dans la société de mon père où ils ont un grand jardin et des câlins à volonté. Ils sont rarement seuls... mais le chien est-il fait pour vivre seul ? Non.

Tu fais beaucoup de tricks avec lui. Comment cela se passe ?

Avant, on faisait du cani-cross. L’année dernière nous avons malheureusement appris deux mauvaises nouvelles concernant la santé de Moogly. Il souffre d’une hypothyroïdie congénitale : il a donc la glande thyroïde qui ne sécrète pas bien les hormones qu’elle devrait. Ce qui a entraîné chez lui un traitement à vie… Aujourd’hui il se fait soigner et heureusement pour nous, il adore prendre ses cachets. C’est le petit gâteau du matin et du soir pour lui !

Cependant, cette hypothyroïdie a entraîné des malformations : il a un problème aux deux paupières inférieures, qui sont légèrement retournées vers l’intérieur. Les poils frottent contre la cornée et si on ne fait pas attention, cela peut provoquer des conjonctivites. Heureusement nous sommes rodés sur la situation. L’opération ne servirait pas à grand chose, il a juste besoin qu’on lui nettoie les yeux plusieurs fois par semaine afin de lubrifier la cornée.

Mais la malformation la plus importante a été celle de la patte avant gauche. L’un des os du coude de Moogly a poussé légèrement de travers et a donc abîmé l’articulation. Il a subit une lourde opération pour lui couper ce bout d’os qui le faisait boiter. Cela a été une mauvaise nouvelle mais en même temps une bonne, car cela faisait 2 ans que je voyais des vétérinaires à tours de bras et aucun n’avait posé de diagnostic. Jusqu’au jour où j’ai trouvé une clinique spécialisée, et cela a été la révélation.

Du coup, plus de cani-cross pour nous. Cependant Moogly avait besoin de se défouler. À défaut de la dépense physique, on s’est concentré sur la dépense mentale. On faisait un peu de tricks avant, mais cette opération a vraiment été l’élément déclencheur pour nous. J’utilise la méthode du clicker training pour lui apprendre des choses, on commence également le shapping mais il a un peu de mal à comprendre cette méthode pour l’instant !

J’adore cette activité car c’est un réel moment de partage. Moi, je sais très bien ce que j’attend de lui… mais lui non ! L’apprentissage à un être qui n’est pas doté du même langage que nous, c’est un énorme travail sur soi-même, plus que sur le chien. C’est une remise en question constante. Pourquoi a-t-il réussi ? Comment ai-je fait pour être aussi claire ? Pourquoi ne réussit-il pas ? Qu’est-ce que je fais qui n’est pas compréhensible pour lui ? C’est ce que j’aime là-dedans ; je sens que nous communiquons vraiment ensemble, sans rien dire. Le dicton « tout travail mérite salaire » prend alors tout son sens dans cette activité. Travailler un trick durant des semaines et enfin réussir à le reproduire lors d’une démonstration, c’est une sensation au-delà même de la fierté !

Nous avons commencé à nous produire tranquillement dans des animaleries, et plus récemment nous avons présenté notre travail au salon international de l’agriculture !

Tu viens d’adopter Nyméria, comment s’est passée l’arrivée à la maison ?

Nyméria est enfin là ! Je dis enfin car à la base, j’ai toujours rêvé d’un border collie. Au début c’était physique… ils sont terriblement beaux ces chiens ! Avec Moogly et le dog-dancing, cette race m’est apparue encore plus, mais cette fois pour le caractère du border : intelligent, motivé et toujours prêt ! Il offre une palette d’activités possibles incalculables, c’est ce qui me plaît chez ce chien. De plus, nous sommes des personnes assez actives. Le border collie n’est pas un chien à mettre dans toutes les mains, car sans activité il peut développer des TOC. Après avoir longuement discuté avec des propriétaires de border, de leurs expériences, c’était une évidence : le border collie était mon chien parfait !

Je me sentais prête pour ça, prête à m’investir dans un second chien. Le travail sur moi était fait et j’attendais de pied ferme mon border collie ! Le second travail a été de convaincre mon copain pour un second chien ! Ce n’était pas de tout repos car j’ai dû trouver des arguments toujours plus forts. Cette bataille a duré un an et demi : comme quoi la persévérance paie !

Une fois décidé, il a fallu choisir le bon chien, au bon endroit. Nous avons décidé de prendre une femelle pour que Moogly l’accepte plus facilement, car il a tendance à être réactif aux mâles. De plus je souhaitais un petit modèle pour les activités canines que je projette de faire avec elle. La recherche fut moins longue que ce que j’aurais pensé, mon amie Émilie m’a beaucoup conseillée dans le choix de ma future recrue. Je me suis donc arrêtée sur Nyméria, chez un élevage. J’ai craqué en photo sur cette petite bouille qui n’avait même pas les yeux encore ouverts. Nous sommes allés la chercher dans la Creuse un mois et demi plus tard.

Elle se révèle de jour en jour mais je peux déjà dire que c’est une sacrée terreur, on ne va pas s’ennuyer avec elle ! Elle a tout de même un super tempérament : pas froussarde, proche de nous. Elle est ultra intelligente et comprend très vite ce qu’on attend d’elle, mais assez têtue quand même !

Moogly a plutôt bien pris la chose et a posé les limites dès son arrivée à la maison. Nyméria a dû utiliser son numéro de charme sans relâche pendant une semaine avant de le faire craquer. Je pense que nous sommes à l’aube d’une grande complicité entre eux. Ils dorment ensemble, jouent ensemble… c’est un bonheur de voir leur lien se tisser !

De plus, comme je l'ai dit précédemment, souffrant d'un trouble autistique et de TDA, Nyméria vient d'entrer en formation officielle pour devenir chien d'assistance.


Quel est le meilleur souvenir que tu aies avec Moogly ? Et la pire bêtise qu’il ait faite ?

Mon plus beau souvenir avec Moogly, ce n’est pas vraiment un souvenir mais c’est le fait de repenser à lui quand il était bébé : il était peureux et pas du tout à l’aise dans ses grosses pattes. Aujourd’hui c’est un chien adulte plein d’assurance, qui cherche à me faire plaisir tout le temps. C’est ce qui me fait plaisir : d’avoir réussi à le guider dans sa vie de chien du mieux possible. Le voir grandir et s’épanouir pleinement c’est vraiment mon meilleur souvenir !

J’ai passé d’excellents moments avec lui, qui resteront à jamais dans ma mémoire : le salon de l’agriculture où il s’est vraiment révélé en public, notre randonnée en canoë-kayak, nos vacances… Ma vie avec lui est un merveilleux souvenir et mon avenir en sera remplis, j’en suis certaine.

La pire bêtise qu’il m’ait faite, c’est d’avoir un jour traversé la route sans ordre. Il est passé sous un camion de 38 tonnes ce soir là… Heureusement, plus de peur que de mal car par miracle il a eu le réflexe de se coucher et le camion ne l’a pas touché. Je crois que c’est la plus grosse peur que je n’ai jamais eu !

Dirais-tu que Moogly te ressemble sur certains aspects ?

Moogly, c’est mon alter ego. Ce n’est pas qu’il me ressemble sur certains points, c’est que nous sommes pareils ! On est tous les deux assez casaniers, on n’aime pas trop les gens et on préfère rester dans notre coin. Plus on dort, mieux on se porte ! On aime la montagne et la forêt, et si on ne va pas à la plage cette année cela nous va très bien ! On aime le calme... Néanmoins, nous aimons particulièrement passer des moments avec les gens que l’on aime et qui nous font du bien.


Qu’est-ce qui t’as poussé à créer une page instagram pour Moogly et Nyméria ? Que partages-tu avec ta communauté ?

Au début, cette page instagram était ma page personnelle. Moogly a pris beaucoup de place de ma vie et petit à petit, c’est devenu sa page à lui. J’ai commencé à suivre d’autres « instapets » et maintenant je n’ai plus que des chiens dans mon fil d’actualité ! On partage notre vie, nos expériences.

Malgré ce que devient instagram désormais, c’est-à-dire un concours de celui qui fera la plus belle photo ou qui aura le chien qui fait le plus de tricks, on a fait de super rencontres. Des personnes pour moi et des chiens pour lui. Des gens avec qui j’aime échanger, que j’aime voir juste pour une balade. On s’est créé notre petit groupe d’amies grâce à instagram et pour certaines, j’espère vraiment que ces liens perdureront même si un jour le réseau disparaît.

Accordes-tu de l’importance à ce que tu leur achètes ?

Je pense que comme toute personne qui aime ses animaux, je cherche le meilleur pour eux en terme de qualité et de confort. Moogly ne digère pas bien les croquettes, il a donc une ration ménagère à base de riz et de pâtée. Pour l’instant, Nyméria accepte de manger ses croquettes… jusqu’à ce qu’elle comprenne que la nourriture de Moogly est vraiment plus appétissante et qu’elle les boude ! Elle est nourrie aux croquettes sans céréales. Pour bien des aspects cette nourriture est mieux pour elle, mais les divergences d’opinions quant aux céréales ou non dans les croquettes sont un débat sans fin…

Concernant les équipements, je privilégie les boutiques françaises car je préfère donner mon argent à des créateurs qui aiment les chiens et qui font des articles originaux plutôt qu’à une enseigne qui ne nous connait pas et pour certaines, qui ne se soucient pas du bien-être des chiens.


Si tu devais choisir ta pièce favorite parmi notre boutique, laquelle serait ta préférée ?

Sans hésiter, le collier en velours que Nyméria porte sur une des photos, mais en version rose parce que c’est une poupée « girly » !


Enfin, si Moogly devait faire son profil sur un site de rencontre, quelle serait son annonce ?

« Gros patapouf au grand cœur, fan de sa tranquillité, cherche chienne qui ne me fera pas trop ch*** et qui respectera mes envies de jeux et mes longues périodes de sieste qui me tiennent à cœur. J’adore les balades en forêt ou en montagne. Un peu froussard par rapport à l’eau, je préfère ne pas devoir vous emmener à la plage cet été. Cherche une femme qui soit un cordon bleu et me fasse des bons petits plats à base de riz et de viande. Petite préférence pour les femelles husky et les border collie. Votre gabarit doit être le même que le mien, sinon passez votre chemin, vous ne m’intéressez pas ! »


Un grand merci à Mélanie d'avoir partagé avec nous sa belle leçon de vie :)

Pour suivre les aventures de Moogly et Nyméria, cela se passe sur @adventuresheperds !


Rendez-vous la semaine prochaine pour une histoire totalement différente, avec Okami, un superbe samoyède !
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